Projet

Message to Syria vise à rendre hommage aux victimes civiles du conflit syrien et à adresser un message de solidarité.

Pourquoi ?

Le projet Message to Syria est né d’un sentiment collectif d’indignation et d’impuissance face à la banalisation d’un conflit sanglant qui perdure et dont la très grande majorité des victimes sont des civils. Les dernières estimations font état de près de 220 000 morts et plus de 4 millions de réfugiés. Ces chiffres élèvent la tragédie syrienne au rang des conflits les plus meurtriers au monde.

Il ne s’agit ni de manifester, ni d’un appel à l’aide. Simplement de redonner un visage aux victimes, briser l’anonymat général et l’oubli des civils à travers un site Internet qui vise à restituer une dimension humaine au drame qui se joue en Syrie.

En tant que citoyens témoins de massacres de populations civiles, nous avons souhaité mobiliser nos ressources artistiques et numériques pour briser la solitude des syriens qui souffrent au quotidien et dans l’exercice de leurs métiers : le corps médical, les étudiants, les avocats, les journalistes, les reporters-citoyens, les artistes…

Nous vous invitons à parcourir les visages et les chroniques de Syrie et, si vous le souhaitez, laisser un message aux Syriens.

Au-delà du Site Internet et des réseaux sociaux, une installation artistique sera présentée de villes en villes pour sensibiliser de nouveaux publics.

 

POINT DE DEPART  – explications

Septembre 2012, point de départ. Et puis nous nous rencontrons, tous, au fur et à mesure autour de cafés. Bissane vient de fuir la Syrie, nous autres vivons en France. Sans nous connaître, nous avions déjà ce désir de fuir les discours médiatiques ambiants et les images réductrices des combats.

A l’époque, l’espoir de la Liberté pour les Syriens était encore palpable, les hymnes de la révolution sonnaient encore. Mais ça se passait là-bas, dans cet Orient trop compliqué à comprendre de l’autre côté de la Méditerranée. On avait envie de leur dire, on est de tout cœur avec vous.

Liés par ce désir collectif de ne pas laisser les Syriens seuls, nous souhaitions rendre hommage aux morts. A toutes les victimes civiles. Ne pas attendre pour parler de « mémoire ». Car c’est au quotidien, que cette mémoire prend force.

Alors, nous avons imaginé partager un peu les émotions des personnes ayant vécu ou voyagé en Syrie. Ressentir ce qui fait briller les yeux de tous ceux qui parlent de la Syrie. De là est née l’envie de créer une installation qui partage un peu de l’âme de la Syrie. Parler de la vie, de leur vie. C’est notre façon de rendre hommage aux morts.

Et lorsque les images sont saturées de sens, nous avons préféré les mots pour transmettre.

Faire acte de solidarité aussi. Montrer que malgré l’apparent silence d’un monde un peu tétanisé, nombreux sommes-nous à être émus et concernés par la souffrance des Syriens, les massacres, la destruction. De là est née l’idée du pont numérique et d’impliquer du monde à nos côtés pour réaliser le projet. Fuir toute forme de communautarisme, mélanger les publics, les âges, les nationalités.

Alors nous voilà, les années passent, terrifiantes. Les morts sont encore plus nombreux, les réfugiés et les torturés aussi.

Nous ne sommes ni politiques, ni militants, simples citoyens dirait-on. C’est notre manière de nous exprimer.

Plus de 80 personnes de toutes nationalités confondues se sont impliquées directement dans la conception de ce projet. Et peut-être n’est-ce qu’un début.

– Octobre 2014  – par Géraldine Kouzan, réalisatrice-productrice et Bissane Al-Charif, artiste scénographe

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