Raëd Wahech, رائد وحش | Chronique d'aujourd'hui

Nahr-Icheh نهر عيشة

Nahr-Icheh , نهر عيشة 

Ce village, je le connais par cœur. Bien avant que sa moitié ne soit engloutie par l’autoroute de Deraa. Je reconnais ce qui a été détruit et ce qui a résisté. Certains pensent que ça a toujours été ainsi, tandis que mes yeux s’obstinaient de ne voir dans le présent que les vestiges du passé… Ces quelques arbres orphelins, témoins des beaux jardins d’antan, à leur tour remplacés par des immeubles en béton que je connais très bien aussi. Je ne sais pas si je reconnaîtrais ce qu’il en resterait désormais. En plus du présent, c’est un passé secret qui est emporté. Un secret douloureux que ne peuvent divulguer que ceux qui ont connu la vie ici.

Curiosité malsaine, مرضى الفضول 

Le camp est-il un endroit curieux?

Je me demande comment les accrochages depuis ce matin à l’entrée du camp n’ont pas empêché les habitants de se rassembler tout au long de la rue principale et sur les toits des immeubles. Ils observent, comptent les tirs et jouent à deviner le nom des armes employées.

Est-ce par curiosité ou pure imprudence ?

Les militaires n’ont pas hésité à tirer en direction de la foule pour l’éparpiller. Il ne manquait plus pour certains que de monter sur les blindés ! Et pourtant sur Internet, on avait indiqué les passages sûrs, les chaînes télévisées diffusaient les précautions à prendre, et les déplacés venant des villages touchés nous avaient transmis leur expérience en matière de protection. Or les gens du camp semblaient complètements indifférents. Hommes et femmes, adultes et enfants, tous erraient dehors, à deux pas de la bataille. Sans rien faire, à part regarder avec haine et mépris les soldats et officiers. Un regard qui en disait long. J’ai demandé à quelques-uns ce qu’ils faisaient là, certains ont dit qu’ils y étaient parce que les autres y étaient. Pourtant, quand une partie est rentrée chez elle, une autre est restée.  En fin de compte, c’était de la curiosité par contagion.

L’on dit qu’ils ont le même comportement à Gaza. Peut-être… Que la curiosité est un trouble palestinien, et que parmi les symptômes, il y a celui d’aller vers la Mort avant qu’elle n’arrive.
Oui le camp est un endroit curieux, car les yeux guettent tout.

Texte traduit de l’arabe

أعرف « نهر عيشة » قبل أن يزيل « أتوتستراد درعا » أكثر من نصفها. أعرفها بما أزيل منها وبما بَقَيَ. مشهدُها العاديّ الذي يراه الآخرون لم يكن يوماً المشهد نفسه فيّ، فلطالما كانت عيوني تصر على مشاهدة الغائب في الحاضر، الزائل في الباقي، منذ كانت بساتين لا أعرفها إلا من خلال أشجار يتيمة، إلى أن صارت خياماً طابقيةً من الإسمنت أعرفها جيداً جيداً. لا أدري إن كنتُ سأعرفها بعد ما يزال الآن منها، ذلك أنه يزيل فوق ما يزيل من الحاضر كثيراً من
ماضٍ سريّ لا يعرفه إلا من خبروا وجع العشوائيات
 
مرضى الفضول
هل المخيّم مكان فضوليّ؟ أتساءل لأنّ الاشتباك الذي يدور منذ الصباح على الشارع العام، أول المخيم، لم يمنع الأهالي من التجمهر على طول الطريق، وعلى سطوح المنازل، ليراقبوا النار ويعدوا صليات الرصاص ويتباروا في تسمية الآليات العسكرية. أهو فضول أم طيش؟ العساكر أطلقوا أكثر من مرة باتجاه الناس لتفريقهم، فالبعض لم يبق أمامهم إلا أن يقعدوا فوق الدبابة. علمتنا صفحات الإنترنت طرق السلامة، التلفزيونات لم تتوقف عن بث الإرشادات، القادمون من المناطق المنكوبة حملوا خبراتهم في الوقاية إلينا، لكنّ أهل المخيم بدوا غير مبالين بشيء من هذا، فالكبار والصغار، الرجال والنساء، كلهم في الخارج على مقربة من المعركة، لا يفعلون شيئاً سوى النظر بكراهية إلى الجنود والضباط، بطريقة لا تحتاج إلى ترجمة. حاولتُ أن أسأل أكثر من شخص وشخصة عما يفعلون هنا؟ الكلّ أجابوا إنهم هنا لأن الآخرين هنا، مع ذلك حين عاد بعض الآخرين لم يعد بعض آخرِ الآخرين، ليستقيم التعليل بأنها مجرد عدوى. يقال إنهم في غزة على هذا الحال. ربما كان الفضول مرضاً فلسطينياً، أعراضه الواضحة الذهاب إلى الموت قبل أن يأتي..! المخيم مكان فضولي؛ لأنّ العيون مادة صناعته الأولى

 

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